Bertrand Dubreuil

, par Yonnel Kurtz

Bertrand Dubreuil a marqué de son empreinte ces dix dernières années. Il a su s’imposer dans l’esprit de toutes et de tous comme l’un des plus grands cannistes de ces dernières années.

Véritable artiste, il a su réaliser la synthèse de la beauté gestuelle et de l’efficacité ; combattant hors pair, il a su réunir le talent du chorégraphe et la redoutable efficacité du compétiteur. Depuis 1 an, président du C.N.C.C.B., Comité National de Canne de Combat et Bâton, il a décidé de relever ce nouveau challenge dans la ferme intention d’avoir autant de réussite que dans sa carrière sportive. C’est l’occasion rêvée, pour nous, d’en savoir un peu plus sur l’homme et ses intentions :

  • C.D.S.B.F. 75 : vous avez commencé la SAVATE en même temps que la canne. Qu’est-ce qui vous a amené à préférer la canne à la SAVATE ?
  • B. DUBREUIL : à l’époque, l’intérêt du " self-défense " ou de disciplines " pieds-poings " comme la SAVATE était nourri par ce que j’appelle le mythe " Bruce Lee ". Cette perspective d’invulnérabilité ou de notion de force n’était pas les ambitions qui m’attiraient vers cette nouvelle discipline. Ma démarche correspondait davantage à une recherche d’une logique chorégraphique du combat, ce que m’offrait la canne et ce que mon professeur m’enseignait (Philippe CONJAT).
    Quoique balbutiante, et véhiculant une image " violente " à l’époque, cette discipline correspondait plus à mes idées qui mettaient en avant le geste, la culture, le patrimoine, etc.
  • C.D.S.B.F. 75 : pour le public, la canne représente une discipline trop intellectuelle. Bien qu’il reconnaisse la valeur de ce sport, ce " côté prise de tête " arrête la plupart des gens désireux de s’y aventurer. Qu’en pensez-vous ?
  • B. DUBREUIL : mon engagement au sein des plus hautes instances de la canne a pour but de passer certains messages, dont celui-ci : sans renier ce qui a été fait, il faut néanmoins mettre de côté cette image d’intellectuel et communiquer vers un public plus large les atouts de notre discipline, c’est-à-dire une activité qui propose un élargissement constant de sa technique par l’innovation dans la créativité, la beauté du geste et la réalisation du sportif. La canne est un sport très chorégraphique, qui m’a procuré et qui me procure encore de grands plaisirs dans sa pratique.
  • C.D.S.B.F. 75 : pouvez-vous nous dire deux mots sur le rapprochement qui existe entre la CANNE et la SAVATE boxe française ?
  • B. DUBREUIL : je pense que nous devons prendre en compte l’expérience du passé. Seuls, nous n’avons pu grandir. Au contraire, nous n’avons fait que nous enfermer. Alors il faut nous rapprocher de la SAVATE, maison mère, pour développer notre discipline, former des cadres et multiplier les lieux où la Canne se pratique. Notre sport est riche, nous le savons. Mais nous devons nous donner les moyens de communiquer sur nous-mêmes et réaliser le mieux possible notre action de séduction. Alors un rapprochement plus intense vers la SAVATE est étudié. Mais à une condition : que la Canne reste dirigée par des Cannistes qui connaissent notre sport ;
  • C.D.S.B.F. 75 : avez-vous définitivement mis de côté la compétition pour vous consacrer à vos nouvelles fonctions de Président du Comité National de Canne de Combat et Bâton ?
  • B. DUBREUIL : Non, pas tout à fait. Depuis que j’ai pris ces nouvelles fonctions, j’ai mis de côté la grande compétition, et il m’arrive encore de m’exprimer dans des compétitions régionales, ce qui donne l’occasion à certains tireurs de se défouler sur leur président. Cet esprit de compétition n’est pas une fin en soi, il me permet d’aller au fond des choses, de mieux comprendre puis de promouvoir les différentes motivations et démarches sportives.

Depuis 2000, Président de la Commission Nationale de Canne de Combat et Bâton (C.N.C.C.B.), Bertrand DUBREUIL dirige les plus hautes instances nationales. Son but, " essayer de mettre de côté cette image de discipline intellectuelle qui a enfermé notre discipline, et revenir à une pratique plus large qui mette en avant la réalisation de soi par la créativité et la beauté gestuelle".

Alors bonne chance Bertrand !

Stéphane MAZEREAU vf. Bertrand DUBREUIL (jaune)
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P.-S.

Palmares

A 43 ans, il est le sportif le plus accompli de cette discipline :

8 titres de Champion de France entre 1987 et 1999,

3 titres de " vainqueur de la coupe de France "
entre 1998 et 1999,

19 titres de Champion d’Aquitaine